Quand on cherche un stage, une alternance ou son premier job en GEII ou en mécanique, la plupart des étudiants font la même chose. Ils ouvrent LinkedIn, vont dans l’onglet « Emplois », et postulent à la chaîne.
Puis ils attendent.
Cette méthode ne suffit pas. LinkedIn n’est pas un moteur de recherche comme Indeed : c’est un réseau de professionnels, de décideurs et d’ingénieurs.
Beaucoup d’étudiants décrochent leur stage ou leur alternance en contactant directement des profils clés, sans passer par une offre publiée. Que tu sois en génie électrique, en informatique industrielle ou en mécanique, la logique reste la même.
Voici comment l’exploiter concrètement.
Le piège de l’onglet « Emplois »
Se limiter aux annonces en ligne, c’est se couper de la plupart des opportunités.
Beaucoup de stages et d’alternances ne passent jamais par une offre publique. C’est le marché caché. Les entreprises recrutent par réseau, par cooptation ou via des candidatures spontanées bien ciblées.
Si tu ne fais que fouiller les annonces, tu passes à côté de tout le reste. Le réseau sert d’abord à te faire voir par ceux qui décident.
Transformer son profil en portfolio technique
Un profil qui se limite à « Étudiant en GEII » ne donnera rien. Ton compte doit prouver ce que tu vaux, pas le raconter.
- Génie électrique : une étude de consommation, un dimensionnement réalisé en TP, la conception d’une carte (routage sous KiCad, prototype à afficheur 7 segments) ou un montage débogué.
- Informatique industrielle : un extrait de code lisible, un script de test, la configuration d’un automate programmable industriel (API) ou d’un superviseur.
- Mécanique : une conception CAO, une pièce imprimée en 3D ou un dimensionnement de mécanisme.
Chaque post raconte un problème, ce que tu as fait et le résultat (photo, mesure, lien Git). Deux ou trois projets suffisent : mieux vaut un profil ciblé qu’une liste à rallonge. Un recruteur cherche quelqu’un qui a la bonne dynamique, pas quelqu’un qui sait déjà tout.
Oser la prise de contact directe avec les décideurs
Plutôt que d’envoyer un CV à une adresse générique, cible directement les bonnes personnes : un chef d’entreprise, un directeur de bureau d’études, un responsable technique ou un ingénieur en poste.
Applique la méthode KISS (Keep It Simple, Stupid) : les gens n’ont pas de temps à perdre. Va droit au but. Pas de lettre de motivation interminable en message privé.
« Bonjour [Prénom], je suis étudiant en [GEII / mécanique] à la recherche d’un stage ou d’une alternance de [X] mois à partir de [Mois]. Lors d’un projet, j’ai eu à gérer une partie similaire à votre système sur [sujet précis]. Votre travail chez [Nom de l’entreprise] m’interpelle. Seriez-vous ouvert à un court échange pour en discuter ? »
Ce message-là pèse plus que dix candidatures noyées dans une boîte générique.
Partager son travail et publier des posts efficaces
Pas besoin d’écrire des romans. Un post par mois suffit pour montrer ce que tu fais.
Exemple de post technique court :
« Fin de projet de routage et de fabrication de prototype (cartographie de tests sur système embarqué). Grosse galère sur les règles de conception sous KiCad, mais on a fini par régler ça proprement. Fier du résultat avec l’équipe. [Photo de la maquette ou capture de code] »
Ça montre ce que tu sais faire, et ça attire l’œil des recruteurs qui cherchent des profils concrets.
Assurer un suivi propre et relancer
Envoyer un message et croiser les doigts ne suffit pas.
Si tu as postulé et que tu connais le nom du manager ou du recruteur en charge du dossier, une relance propre après une semaine montre ta motivation.
« Bonjour [Prénom], je me permets de relancer suite à ma candidature pour le stage ou l’alternance de [Intitulé]. Toujours très motivé par vos projets. Avez-vous eu l’occasion de jeter un œil à mon profil ? »
La relance, c’est du relationnel : reste courtois et précis. Le réseau se construit dans la durée.
Pour conclure
LinkedIn devient utile quand tu t’en sers pour rencontrer des gens, pas comme un simple tableau d’annonces. Ce que tu montres et la qualité de tes échanges font le reste.